WILLIAM SHELLER

Solo Piano

Tout est clair… A 11 ans, William Sheller sait qu’il sera musicien. Le piano est son instrument. Son maître de musique, Yves Margat, élève de Gabriel Fauré, le prépare au Prix de Rome. Mais il y a un grain de sable. S’y dessinent les couleurs de l’Angleterre, des Beatles et, plus généralement, du rock. William Sheller sera funambule, s’aventurant les yeux fermés sur une autre sphère que celle de la musique classique, plus large, plus indéfinissable. N’a t-il pas avoué, un jour, avoir l’impression d’être « un satellite de cette planète d’où je me sens étranger »…

Touche à tout singulièrement doué, il laisse l’inspiration le guider, cette petite (ou grande) musique intérieure. A la fois homme du passé (« J’aurais aimé vivre au XVIIIe, siècle des lumières, un grand chamboulement ») et garçon du futur (« La musique est toujours en avance sur les autres arts. Elle respire l’ambiance. »)

Chez lui, chaque expérience en amène une autre, débouche sur une nouvelle aventure, peut-être plus exaltante encore. Il se lance au milieu des années 60, en intégrant un groupe de rock. Effet immédiat. L’une de ses compositions devient un tube. S’il compose une messe rock, c’est pour le mariage d’une amie. Pourtant, elle arrive aux oreilles de Barbara, qui lui demande d’écrire les orchestrations de son album La louve. Et le pousse à chanter.

En 1975, il sort donc son premier album. L’une des chansons, la plus anecdotique, la plus parodique, grattée en cinq minutes, devient un succès sous le nom de Rock’n’Dollars. C’est parti. Les tubes s’enchaînent. Il ne s’en contente évidemment pas. Il compose des musiques de films et même des spots publicitaires, pour la concision de l’exercice… C’est par accident – les instruments de ses musiciens restent bloqués en douane – qu’il se met à jouer en piano solo. Un nouveau tournant. Il s’essaye avec un quatuor. Sa carrière va ainsi avancer entre disques personnels et expériences classiques.

Un album comme Univers (1987), à l’écriture « faussement archaïque sur des éléments rock » se nourrit de ses multiples goûts musicaux, à cheval entre plusieurs « univers ». Ce qui n’empêche pas des chansons comme Le Nouveau Monde ou Les Miroirs dans la boue de passer en radio. Et c’est parce qu’il estime manquer une chanson à son spectacle qu’il écrit, en tournée, dans une chambre d’hôtel, le texte d’Un Homme heureux, son plus gros succès, qui l’amène vers deux Victoires de la Musique.

Sheller en solitaire se vend à plus de 500 000 exemplaires. En profite t-il pour dérouler sa carrière en solo derrière son piano, pour étirer sa veine mélancolique ? Bien sûr que non. En réaction, il s’offre un disque de hard-rock (Albion, 1994) qui en laisse abasourdi plus d’un. Puis il revient à la chanson pop (Les machines absurdes, 2000), compose pour le quatuor Parisii (2003), se fait plaisir par un nouveau disque en piano solo (Epures, 2005). Et fête ses trente ans de chanson par une tournée avec grand orchestre. Homme heureux, peut-être. Homme libre, sûrement.

Michel Troadec

 

mardi 19 octobre 2010 20h00 - LILLE - THEÂTRE SEBASTOPOLreserver

TARIFS: 1ère Cat 40,00€ - 2ème Cat 37,00€


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